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jeudi 19 avril 2018





   
Miriam Sankara reçue à l’Assemblée Nationale française
jeudi 18 juin 2015
Mariam Sankara, veuve du Président Thomas Sankara assassiné le 11 octobre 1987 lors du coup d’Etat qui a porté Blaise Compaoré au pouvoir, a été reçue avec son avocat Me Bénéwendé à l’Assemblée Nationale par André Chassaigne responsable du groupe du Front de gauche, et Cécile Duflot d’Europe Ecologie les Verts. Mariam Sankara a été accueillie devant le Palais Bourbon par un groupe de militants, amis du peuple du Burkina Faso engagés dans l’exigence de la vérité sur l’assassinat du président burkinabé et de ses compagnons. Parmi eux Jean-Paul Le Marec, représentant l’AFASPA.

La rencontre avec les députés s’est déroulée en présence de Germaine Pitroipa, la représentante de l’UNIR PS en France, Humanist du Balai citoyen et Dominique Josse responsable Afrique du PCF, organisateur de la rencontre. Elle portait sur la demande d’enquête parlementaire demandée par Mariam Sankara au Président de l’Assemblée Nationale. André Chassaigne s’est engagé à poser la question lors de la prochaine conférence des présidents et qu’il avait déjà adressé une lettre dans ce sens à Claude Barthelone. Cécile Duflot a également indiqué qu’elle interviendrait de son côté. Une journaliste de l’AFP et le correspondant de lefaso.net ont assisté à l’entrevue. Une conférence de presse avait eu lieu le matin-même à laquelle ont assisté près de 20 journalistes.

Dépêche de l’AFP

Burkina : La veuve de Thomas Sankara réclame une enquête parlementaire en France Paris - La veuve de l’ancien président burkinabè Thomas Sankara, exilée à Montpellier (sud) depuis l’assassinat de son époux en 1987, a demandé mardi à des députés français d’ouvrir une enquête parlementaire pour élucider le rôle de la France dans la mort de son mari. Mariam Sankara a été reçue à l’Assemblée nationale par le chef de file du Front de Gauche, André Chassaigne, et la députée écologiste et ancienne ministre Cécile Duflot, a constaté l’AFP. "Depuis son assassinat, dans les complicités dont on parle, le nom de la France est souvent revenu", a souligné Mme Sankara, accompagnée de son avocat Bénéwendé Stanislas Sankara (sans lien de parenté) et de représentants du réseau international d’associations "Justice pour Sankara, Justice pour l’Afrique". Cette enquête parlementaire permettrait d’obtenir "un accès aux archives de la France, afin de faire la lumière sur les circonstances de l’assassinat du président Thomas Sankara", a-t-elle justifié.

Une première demande d’enquête parlementaire française, formulée en 2011, n’avait pas abouti. Mais "le rapport de force a changé depuis l’insurrection populaire" au Burkina Faso, qui a chassé du pouvoir le président Blaise Compaoré le 31 octobre, a fait valoir Me Bénéwendé Sankara.

Thomas Sankara a été assassiné le 15 octobre 1987, avec douze de ses compagnons, lors d’un coup d’État qui porta M. Compaoré au pouvoir. Par la suite, le régime avait toujours refusé d’ouvrir une enquête sur cette mort, officiellement "naturelle".

Depuis l’arrivée d’un gouvernement de transition, la justice burkinabè a lancé une enquête et auditionné en mai Mariam Sankara.

En France, chaque groupe de députés a la possibilité de lancer une commission parlementaire par session mais le groupe du Front de Gauche et le groupe EELV ont déjà épuisé leurs droits, a expliqué André Chassaigne. Ce dernier a ajouté avoir écrit au président de l’Assemblée nationale, le socialiste Claude Bartolone, pour lui demander d’ouvrir une commission d’enquête selon une autre voie qui suppose l’accord de la majorité de l’Assemblée et pourrait être difficile à obtenir. A l’époque de la mort de Thomas Sankara, la France était codirigée par un président socialiste, François Mitterrand, et un Premier ministre de droite, Jacques Chirac. "La France des droits de l’Homme et des libertés ne peut pas se laisser soupçonner dans un dossier d’assassinat", a plaidé Me Sankara. "Elle est restée muette pendant 27 ans. Cette démarche serait une très belle occasion pour elle de se blanchir", a ajouté l’avocat.

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